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Un éditeur français a aujourd'hui fait le pari d'une édition équitable. Après quatre ans et demi d'exploitation, cette formule pourtant logique, fonctionnelle et attractive peine à trouver sa place : la faute aux vieilles habitudes et aux préjugés ?
Rappelons le mode de fonctionnement.
Un éditeur propose à des auteurs de se mettre en lecture intégrale gratuite (pour les lecteurs) sous le couvert des licences libres. Il leur propose aussi des auto-éditions à tarif peu élevé grâce à un système d'édition à la demande. Le site attend alors les lecteurs, garants de son financement par leur consommation papier ou téléchargements payants (pas systématique). Le lecteur est donc intéressé au départ par de la lecture intégrale et gratuite, lecture tranquille car non agressée par de la publicité vulgaire et invasive. En s'inscrivant (toujours gratuit), il accède à un panel d'autres services encore une fois gratuits : laisser des commentaires, noter les auteurs, leur écrire, participer au forum, avoir ses auteurs favoris, des marques pages...et même pouvoir devenir auteur.
Le service devient payant quand il désire télécharger un auteur qui désire être payé pour le téléchargement de son oeuvre. Ceux-ci sont relativement peu nombreux, la règle étant le téléchargement gratuit, qu'il s'agisse d'un format pdf pour s'imprimer à la maison ou lire encore plus confortablement et hors ligne, ou d'un format epub et stanza ce qui permettra de lire sur iphone et la plupart des nouveaux ebook. Surtout, le lecteur peut, sur la base des écrits en ligne, se constituer un livre à la carte. Il peut y mettre des oeuvres du domaine public, des oeuvres d'auteurs « ILViens » voire les siennes. A ce stade, les auteurs sont rétribués au prorata du nombre de pages sur la base de 10% du prix total du livre. Ils peuvent aussi, ayant fait connaissance avec de bons auteurs (il y en a) acheter leurs livres. Sur les livres auto-édités, les auteurs touchent ...les droits qu'ils ont demandés eux-mêmes (de 0 à 3 euros maxi). Le prix du livre est d'ailleurs calculé sur le nombre de page (fixe) et la part souhaitée par l'auteur. Ils peuvent enfin acheter quelques best-sellers de l'éditeur, qui existent tous en version PDF gratuite. On peut constater que sur ce site, parfois un peu trop « riche », la clarté est tout de même de rigueur. L'acheteur peut donc juger de la qualité du contenu avant d'acheter. Il n'y a aucun gaspillage dû au pilon. Les livres sont accessibles par les grandes bases de données commerciales du livre .Alors, pourquoi cette stagnation du concept (aucun concurrent sérieux ne conjugue ainsi une lecture en ligne standardisée, intégrale, commentée...avec un forum, une solution d'auto-édition (ou de simple impression) ?
Certainement à cause des nouvelles difficultés rencontrées par les auteurs qui utilisent cette nouvelle formule.
Tout d'abord, ils sont confrontés à une médiocrité de masse, puisque tout le monde a le droit de créer des oeuvres. Autant dire que sans des lecteurs consciencieux pour décourager des opportunistes sans aucun intérêt (un comité de lecture est d'ailleurs en train de se constituer), il est très difficile de se faire remarquer. Ensuite, la plupart des auteurs n'ont peu ou pas d'expérience de « buzz » sur internet. Ils croient encore que le responsable du site peut s'occuper tout seul de la promotion de mille quatre cent auteurs. Ils n'ont pas le réflexe d'aller mettre les liens menant à leurs oeuvres, et donc au site dans les forums de discussion, les sites culturels ou les journaux d'information. Encore moins celui de créer leur propre site internet ou un profil dans les réseaux sociaux. Mais surtout, le monde du livre existe encore à 95% ailleurs que sur internet. Les grands éditeurs français ne font que leur propre publicité sur des sites figés, inintéressants, juste bons à vendre du papier après avoir présenté une critique partiale de l'auteur et un extrait de l'oeuvre ridicule. Les lecteurs n'ont donc que très peu l'habitude d'aller chercher de la lecture sur internet, et les requêtes iront bientôt à l'incontournable moteur de recherche trafiqué himself, y compris pour les oeuvres du domaine public. Je dois tout de même tirer mon chapeau à de trop rares sites internet de littérature tenus par des passionnés malgré leur faible fréquentation, et attirer la méfiance des lecteurs et des auteurs sur les sites d'éditeurs bidons qui ne servent qu'à escroquer l'auteur qui veut s'auto-éditer.
De bons auteurs hésitent alors à rejoindre le site d'ILV (http://www.inlibroveritas.net) par crainte de l'escroquerie ou pour ne pas ruiner leur chance avec des éditeurs classiques qui demandent toujours aux auteurs l'exclusivité de l'exploitation de leur oeuvre. Cette exclusivité leur permet en effet d'étouffer un auteur qu'ils comptent ne pas diffuser pour ne pas concurrencer les auteurs maison à peu de frais. L'auteur pensera alors avoir commis une oeuvre commercialement peu intéressante et pourra même éventuellement en abandonner tous les droits. Droits qui seront alors repris par le système anglo-saxon qui lui monnaye les droits patrimoniaux, au bénéfice d'un abruti au nom bankable ou d'un vieillard en manque de créativité. Cette exclusivité exigée par tous les éditeurs va à l'encontre du droit français qui donne à l'auteur le droit de gestion de ses oeuvres. Il est contraint alors de les déléguer ou de ne pas diffuser de manière traditionnelle. Ce problème de droits d'auteurs pourrit d'ailleurs le débat puisque les défenseurs de ces droits mettent en avant les auteurs misérables pour exiger que la loi mette en place de plus sévères mesures sur internet pour protéger les droits des éditeurs, industriels du livre, de la musique et du cinéma. Mais là, je digresse.
Une oeuvre mise en ligne sous une licence libre ne peut plus devenir une oeuvre copyrightée. Elle est considérée comme non vierge par les éditeurs qui font valoir qu'une oeuvre lue sur internet ne peut se vendre en librairie.
Cette analyse est une escroquerie. Molière génère encore beaucoup de papier à l'heure actuelle. Même si un auteur n'a pas le talent du maitre, il existe toujours un public qui préfère lire sur papier plutôt que sur écran. Mais un « classique » est vendu à un prix convenable alors qu'une « exclusivité », même mauvaise, est hors de prix et génère de pharamineux bénéfices, gloutonnés par la publicité et autres campagnes de promotion volontairement hors de prix pour éloigner la concurrence des petits... au salon du livre par exemple.
D'autres arguments de mauvaise foi... foisonnent. Tout livre auto-édité à pas cher est criblé de fautes d'orthographes, et totalement inintéressant car il n'a pas été lu par un comité, ni un correcteur patenté. Ainsi, un malheureux auteur qui s'est pourtant investi parfois durant des années dans la réalisation de son oeuvre subit un amalgame réducteur et criminel sur ce principe que si tout le monde peut s'éditer, alors c'est du n'importe quoi à tous les coups.
C'est oublier que sur ILV, il est souvent possible de télécharger le PDF qui a servi à imprimer l'oeuvre et donc de constater la qualité du produit.
Cette année, pour des raisons de coût, l'éditeur INLIBROVERITAS ne sera toujours pas au Salon du Livre. Quelques auteurs passionnés de Fantasy auront un espace réduit financé grâce à une souscription entre auteurs. Peut-être que quelques auteurs ILViens (et des anciens qui ont fait effacer leur fiche sur ILV) présenteront des oeuvres chez d'autres éditeurs.
J'en connais un qui risque d'ailleurs sa place, pour cause que son livre, chez ILV-EDITIONS, n'a pas de stock et ne peut intéresser un libraire sponsor qui pense ne pas pouvoir vendre un livre déjà lu plus de 6000 fois en ligne.
Mais ce n'est qu'un début. Il ne tient qu'à vous, lecteurs du post utilisateurs d'un service d'information équitable, puisque alimenté par...n'importe qui, c'est à dire nous tous, de faire évoluer les mentalités en allant sur http://www.inlibroveritas.net et donner à ce site, et surtout à ses auteurs, le mérite qui leur est dû.
Merci de m'avoir lu
Dernière modification le : 02/03/2010 @ 13:47
Catégorie : INFOS
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